C'est devenu un leitmotiv, depuis quatre ans la Biennale de Venise s'enfonce dans des concepts et des questionnements très peu « digestes », tant pour les professionnels que pour le grand public.
Cette 10e exposition internationale d'architecture a dérapé et raté la trajectoire de son programme officiel : les mégalopoles ou encore les « meta-citta » que l'on pourrait simplifier par une formule très générale comme « Ville : architecture et société ». Un thème si vaste, qu'il a laissé place à toutes les expressions mondaines, à l'emprise de groupes financiers sur la « mostra », carnaval pédagogique illustrant au final, par quelques ateliers de réflexion, que de maigres poncifs urbains.
Heureusement, l'acte de construire a été souligné avec talent par Patrick Bouchain qui exprime avec justesse son hésitation à s'être engager auprès des organisateurs : « Je ne crois pas qu'on puisse montrer l'architecture dans une exposition dit-il. J'ai exigé de pouvoir faire un acte d'architecture et non une exposition ».
En ce sens, il nous a gâté en réalisant pour la France un pavillon habité conçu avec une troupe d'artistes bricoleurs comme Daniel Buren, de jeunes architectes, et le collectif Exyst, qui avait pour seul programme : tout faire par eux-mêmes.
Frédéric Edelmann et Grégoire Allix ont consacré à cette exposition un article dans le cahier Culture du journal «Le Monde» du Dimanche 10 Lundi 11 septembre 2006.
Article publié le 15/11/2006