Les chercheurs estiment qu'à l'horizon 2020-2030, l'électricité obtenue à partir de panneaux photovoltaïques sera devenue la plus compétitive du marché.
Au début des années 1990, le prix du kilowattheure [KWh] était 10 fois supérieur au tarif de l'électricité achetée à EDF. Tout le monde rigolait bien en annonçant que les tarifs de ce type d'énergie ne serait jamais très concurrentiel. Une quinzaine d'année sont passées... les coûts ont été divisés par deux voir trois selon l'étendue de l'installation, et plus personne ne se moque. Philippe Malbranche, spécialiste des technologies solaires au Commissariat à l'énergie atomique est formel : "à terme le solaire va s'imposer. Non par le choix idéologique ou le souci de l'environnement. Mais parce qu'il sera économiquement le plus rentable." En France, selon que l'on réside au Sud ou au Nord, et que l'on bénéficie d'un ensoleillement annuel moyen de 900 à 1800 heures, l'électricité d'origine photovoltaïque coûte entre 25 et 50 cents d'euros le kWh, ceci en considérant que l'installation générale est amortie en vingt ans. Cette dépense est à comparer aux 13 cents d'euros, taxes comprises, facturés par EDF en option de base.
Ces arguments devraient encourager, à la fois les maîtres d'ouvrage mais aussi les concepteurs, à prévoir en amont dans les programmes de construction, de rénovation et de réhabilitation de l'habitat, de maisons contemporaines, d'architecture et de constructions neuves d'immeuble, etc. ce mode d'énergie. Ce mouvement paraît inéluctable, en 2010, la fourchette des coûts devrait descendre entre 20 et 40 cents d'euros. En 2020, entre 10 et 20 cents d'euros. L'objectif pour 2030 est de tomber au dessous de 10 cents le kWh, que l'on habite à Lille ou à Marseille. En s'appuyant sur cette hypothèse, le solaire est concurrentiel de toutes les autres sources d'énergie.
Ces installations photovoltaïques se partagent le marché de l'énergie solaire avec le système des capteurs thermiques. Deux technolgies différentes, la seconde utilise la chaleur du rayonnement solaire pour des chauffe-eau par exemple, alors que la première transforme un même rayonnement en électricité par le biais d'un matériau semi-conducteur, le silicium, dont les électrons sont mis en mouvement par les photons de la lumière.
C'est le Japon, à la fin des années 1990 qui a ouvert la voie, avec une politique volontariste. Le pays du soleil-levant totalise à présent 40% de la puissance mondiale installée. En 2005, cette puissance énergétique atteignait 3,7 millions de kilowatts.
Pierre Le Hir a consacré à ce thème un article dans le cahier Environnement et Sciences du journal "Le Monde" du Jeudi 9 novembre 2006.
Article publié le 23/04/2007